Le médecin qui ne veut pas quitter la zone de guerre

«En tant qu’anesthésiste, je pourrais trouver un bon job en France, où vivent mes deux frères, mais mon devoir est ici. C’est en Syrie que je peux agir le plus utilement», déclare Maissam Hamoui, 34 ans. Maissam vit avec sa mère et sa soeur dans l’une des villes du pays les plus durement éprouvées par la guerre. Celle-ci est inscrite dans le quotidien de la famille depuis plus de quatre ans.   

World Disasters Report

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Focus on local actors, the key to effective humanitarian action

Lene Vendelbo, Croix-Rouge danoise

Alep fait partie des villes dans lesquelles le Croissant-Rouge arabe syrien, épaulé par les Sociétés de la Croix-Rouge danoise, allemande et norvégienne et par la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a assisté au cours de l’année écoulée plus d’un million de personnes. L’opération, appuyée par l’Union européenne, a permis, entre autres choses, la distribution de 100 695 couvertures, 32 675 nattes et 32 705 matelas à des personnes déplacées et aux familles d’accueil. Elle a aussi comporté un soutien à 15 cliniques, dont une dans la ville de la famille Hamoui.

En sa double qualité de volontaire du Croissant-Rouge et d’anesthésiste, Maissam est confrontée chaque jour aux tragédies humaines causées par le conflit. «Ma pire expérience a été quand un bébé a été blessé dans un bombardement. Agée d’à peine un mois, la fillette n’était pas plus grande que ça», raconte-t-elle, joignant ses deux mains en forme de bol. «Elle était gravement touchée. En la préparant pour l’opération, je savais qu’il ne lui restait probablement que quelques minutes à vivre, mais je la sentais lutter de toutes ses petites forces. A l’évidence, le combat semblait pourtant perdu d’avance. C’est dans ce souvenir que je puise ma force – si elle pouvait se battre, alors je le peux aussi.»

Une fois retirée sa blouse de médecin, Maissam enfile l’uniforme du Croissant-Rouge et entame son autre journée de travail, comme chef d’une équipe spécialisée dans l’approvisionnement en eau et l’assainissement. Depuis le printemps dernier, quand l’eau a commencé à se faire rare, elle a eu beaucoup à faire. Ses tâches incluent la promotion de l’hygiène, un domaine dans lequel elle bénéficie d’un important appui de l’Union européenne. Au cours des douze derniers mois, les fonds alloués par l’UE ont permis à son équipe de distribuer 68 523 assortiments pour bébés, 47 365 assortiments d’articles d’hygiène et 11 964 kits pour besoins spéciaux. Le projet a profité à plus de 317 000 habitants d’Alep et d’autres zones durement frappées.

Maissam Hamoui est totalement dévouée à sa communauté. Consciente que son engagement dans un contexte si éprouvant peut sembler surprenant vu de l’extérieur, elle explique être reconnaissante pour l’occasion qui lui est donnée de se rendre utile dans une ville qui a tant besoin d’aide. «Avant la guerre», commente-t-elle, «je voulais être déléguée du Croissant-Rouge en Afrique. Mais, à présent, ce sont les Syriens qui ont besoin de moi. C’est mon devoir de rester à Alep.»

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