Les volontaires de la Croix-Rouge du Myanmar poursuivent leur efforts d’assistance aux victimes des inondations dans le delta de l’Irrawaddy

Volontaire à la Croix-Rouge du Myanmar, U Phyo Thihe, 30 ans, a travaillé sans relâche ces trois dernières semaines pour procurer aide et réconfort aux sinistrés de la municipalité de Taikkyi, dans la région de Yangon, durement frappée par les inondations qui ont touché la quasi totalité du pays à la fin juillet, affectant plus de 1,4 million de personnes au total.

World Disasters Report

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Focus on local actors, the key to effective humanitarian action

Mandy George, FICR Myanmar

Si les eaux ont commencé à se retirer dans de nombreuses parties du territoire, la région de Yangon, située à l’embouchure de l’Irrawaddy, reste largement submergée. Les grands bassins fluviaux orientés au sud sont saturés et charrient d’énormes quantités d’eaux à travers les centaines de villes et villages disséminés dans le delta, y compris Taikkyi. Qui plus est, on annonce pour les semaines à venir de nouvelles précipitations qui risquent fort d’aggraver encore la situation.

Le Rapport sur les catastrophes dans le monde 2015 se penche sur le rôle des acteurs locaux – organisations non gouvernementales, réseaux communautaires, groupes religieux, secteur privé et pouvoirs publics – et montre clairement qu’il est aussi déterminant, sinon davantage, que celui des partenaires internationaux pour l’efficacité de toute opération d’assistance. Cela vaut à l’évidence pour la réponse aux inondations au Myanmar.

Travaillant en étroite collaboration avec les pompiers et l’armée, U Phyo Thihe et ses collègues volontaires de la Croix-Rouge procèdent par bateau à l’évacuation de villages entiers menacés par la montée des eaux. Depuis le début des inondations, quelque 500 volontaires ont pris part au sauvetage de dizaines de milliers d’habitants qui ont été transportés en lieu sûr. Les volontaires aident aussi les pouvoirs publics et les organisations locales à aménager des camps provisoires où ils distribuent articles d’hygiène, nourriture et bâches, tout en offrant des services de soutien psychosocial et de premiers secours aux déplacés et aux blessés.

Rien qu’à Taikkyi, U Phyo Thihe et ses collègues ont déjà évacué quelque 3000 habitants des villages environnants vers un camp d’hébergement provisoire installé dans un monastère. Ils ont également procuré à quelque 2000 sinistrés secours matériels, soutien psychosocial et assistance médicale, transférant à l’hôpital local les cas les plus graves.

U Phyo Thihe a été particulièrement impressionné par l’un d’eux. «L’autre jour, nous nous sommes rendus au village de Phayargone afin d’évacuer les habitants, car le niveau de l’eau atteignant déjà la poitrine et continuait de monter. Mais une famille refusait de partir. J’ai découvert qu’une femme venait de faire une fausse couche et qu’elle était au plus mal – il fallait de toute urgence l’amener à l’hôpital. Nous avons passé tout l’après-midi à essayer de la convaincre de nous accompagner. Enfin, dans la soirée, quand l’eau a commencé à envahir son habitation, elle a cédé à nos instances. La maison est bâtie sur pilotis, ce qui donne une idée du niveau atteint par les inondations!»

Sandar Ayea, 17 ans, et sa famille ont été évacués en bateau et enregistrés par les volontaires de la Croix-Rouge dans le camp d’hébergement temporaire où ils résident toujours. Les volontaires ont aussitôt organisé le transport à l’hôpital de la jeune femme.

«Le médecin m’a dit que nous avions bien fait de l’amener pour qu’elle puisse recevoir des soins d’urgence, sinon, les complications consécutives à la fausse couche auraient pu lui interdire tout espoir d’avoir des enfants dans le futur – sans compter que sa vie même aurait été en danger», raconte U Phyo Thihe. «Nous avons aussi eu de nombreux cas nécessitant des premiers secours, y compris des morsures de serpent, des blessures à la tête, des personnes âgées souffrant d’asthme, des enfants blessés, des grossesses présentant des complications.»

A la question de savoir ce qu’il éprouve en aidant sa communauté frappée par les inondations, U Phyo Thihe nous répond: «Nous travaillons très dur toute la journée et jusque tard dans la nuit, mais je me sens heureux et épanoui parce que je sauve des vies et aide ma communauté. Cela fait 16 ans que je suis volontaire, je connais donc bien le travail à la Croix-Rouge. Cette catastrophe est particulièrement grave et les gens ont plus que jamais besoin de nous.»

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